Grève des professeurs à l’UQÀM, une lutte égoïste
Publié dans Éducation le mars 21st, 2009La présidente du Syndicat des professeurs de l’UQAM (SPUQ-CSN), Michèle Nevert, a laissé planer la menace compromettre la session au profit d’une nouvelle convention collective. De manière générale, je suis d’accord avec les revendications des professeurs, mais prendre ainsi en otage des centaines de milliers d’étudiants est à mon avis très inapproprié. C’est faire preuve d’une vision étroite et égoïste. La cible du SPUQ est le gouvernement alors que leurs tirs atteignent de plein fouet les étudiants.
Sur les lignes de piquetage, les professeurs clament haut et fort vouloir mener la lutte pour les étudiants. Pourtant,un petit brin de jasette avec les étudiants permet de constater l’effet néfaste qu’une grève prolongée pourrait avoir sur eux. Saupoudrant leurs discours de justice sociale, les professeurs ne semblent pas avoir pensé aux étudiants qui ont obtenu des emplois d’été, dès le début mai, parfois à l’extérieur du Québec. Ils ne semblent pas non plus prendre conscience du temps qu’ils font perdre à plusieurs universitaires.
La vie d’un étudiant est parfois difficile, surtout lorsque le soutien financier parental est absent. La période estivale constitue le seul moment pour ces étudiants d’accumuler un peu de sous afin de défrayer les frais de scolarité et le coût de la vie. Avec cette grève, les étudiants de l’UQAM verront sans doute cette période de revenu fortement réduite et en souffriront au cours des prochaines sessions.
Dans ce contexte, les professeurs demandent aux étudiants d’être solidaire ; plutôt difficile dans ces circonstances. À cet effet, l’année dernière, beaucoup de professeurs n’ont été d’aucune façon solidaires lors des grèves étudiantes. Même que plusieurs d’entre eux utilisaient leur situation d’autorité pour nous encourager à ne pas poursuivre la grève. Pour la solidarité, ils ont manqué le bateau et leur discours actuel contredit celui de l’année dernière.
Il ne reste qu’à souhaiter que les membres du SPUQ auront assez de jugement pour ne pas continuer cette grève, néfaste pour la communauté étudiante, quoi qu’en disent les comités exécutifs des associations étudiantes, souvent peu représentatifs de l’ensemble des étudiants. La direction de l’Uqàm doit aussi être sérieuse quant à son intention de prendre les moyens nécessaires pour permettre aux gens d’accéder à leur lieu d’étude et de travail.