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Mahmoud Ahmadinejad ange ou démon?

Plus tôt cette semaine, des centaines d’étudiants de l’Université de Colombia aux États-Unis ont assisté à une allocution du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. En sol américain pour assister à l’assemblée générale de l’ONU, Ahmadinejad a profité de cette occasion pour tenter de démystifier son image de plus en plus diabolisée. Certains hommes politiques le comparent même à Adolf Hitler.

Parmi tous les thèmes abordés par le dirigeant controversé, deux ont particulièrement attiré l’attention des médias américains, la peine de mort et l’homosexualité. Questionné au sujet de la peine de mort en Iran, Ahmadinejad s’est défendu en invoquant le fait qu’il faut sévir contre des gens qui menacent la vie d’autrui en ajoutant que la peine de mort est chose courante dans plusieurs États des États-Unis. Ce clin d’oeil aux dirigeants de certains États américains lui a valu des applaudissements de la foule. Plus tard, il s’est attiré les rires de cette même foule en indiquant que le phénomène de l’homosexualité n’existait tout simplement pas en Iran.

Ahmadinejad se veut l’expert des propos controversés. Plus tôt dans le mois de septembre, il soulignait que l’histoire de l’occident tirait à sa fin et invitait du même coup toutes les nations du monde à se lever contre l’hégémonie des États-Unis. Il ne faut donc pas se surprendre de voir les dirigeants occidentaux tenter de diaboliser Ahmadinejad ainsi que son régime. Conscient de ce phénomène, le dirigeant iranien accuse certains leaders politiques occidentaux, notamment Bernard Kouchner de faire de la propagande politique en parlant de guerre avec l’Iran.  Ce style agressif  lui attire une représentation médiatique internationale importante.

Le dirigeant iranien continue de grimper en popularité partout au Moyen-Orient. Il se fait même le porte-voix d’une certaine conception de liberté émancipatrice pour les peuples de cette partie du globe. Il est l’un des rares dirigeants politiques de ce monde qui ose condamner et blâmer les contradictions de la politique étrangère des États-Unis. Selon lui, le libéralisme et la démocratie de type occidentale n’ont pas été capables de mettre en œuvre la réalisation des idéaux de l’humanité. Il défend ainsi la thèse de l’écroulement de l’idéologie et de la pensée des systèmes démocratiques libéraux. Ces positions lui attirent de plus en plus d’appuis et de sympathies aussi bien en Orient qu’en Occident.

Le président iranien est un être extrêmement complexe et dur à saisir. D’une part, il incarne celui qui sera capable d’utiliser les relations diplomatiques pour faire entendre une autre voix et représenter d’autres intérêts que ceux des pays occidentaux sur la scène internationale, mais d’un autre côté, lorsqu’il sort du cadre international, Ahmadenijad incarne un chef d’État autoritaire, conservateur et sans souci pour les droits humains. Mahmoud Ahmadinejad, ange ou démon ?

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