Archive for septembre, 2007

L’AFESH-UQAM ouvre le bal vers une grève générale illimitée des étudiants

Publié dans Éducation le septembre 28th, 2007

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) a gagné hier sa première manche vers la grève générale illimitée lorsque que l’association facultaire des étudiants de sciences humaines (AFESH) de l’Université du Québec à Montréal s’est positionnée en faveur d’un mandat de grève dans une proportion de 62 pour cent.

L’adoption aux deux tiers de l’assemblée générale a cependant déçu plusieurs membres de la faculté qui s’attendaient à ce que la proposition de grève jouisse d’un meilleur appui. Nombre d’étudiants de l’AFESH m’ont ainsi fait part de leur déception quant au manque d’enthousiasme de leurs collègues. Ces derniers auraient préféré voir les étudiants voter dans une plus grande proportion en faveur de la défense de l’éducation. Selon eux, cela aurait marqué de façon claire et ferme le début d’une éventuelle lutte avec le gouvernement du Québec. Cependant, avec un appui à 62 pour cent, il ne s’agit pas d’une bonne nouvelle pour les partisans de la grève. Ils devront redoubler d’ardeur et battre le fer pendant qu’il est chaud afin de provoquer un soulèvement de l’ensemble des étudiants collégiaux et universitaires du Québec.

Ce faible appui ne semble pas décourager les exécutants de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante. La condition stipulant qu’un plancher de 7 associations étudiantes représentant 25 000 étudiants est nécessaire au déclenchement de la grève reste un scénario encore possible. D’ici le 23 octobre, 15 associations étudiantes tiendront des assemblées générales pour joindre l’initiative de l’ASSE, notamment celle du cégep du Vieux-Montréal, prévue pour le 1er octobre. Si les modalités menant à la grève ne sont pas atteintes, celle-ci ne verra pas le jour. Une éventualité qui ne semble pas inquiéter outre mesure les militants, d’autant plus que l’Association des étudiantes et étudiants en anthropologie de l’Université Laval a choisi, plus tôt cette semaine, de joindre les rangs de l’ASSE. Cette association étudiante universitaire est la première de la région de Québec à s’affiliée avec l’ASSE.

Mahmoud Ahmadinejad ange ou démon?

Publié dans Politique le septembre 26th, 2007

Plus tôt cette semaine, des centaines d’étudiants de l’Université de Colombia aux États-Unis ont assisté à une allocution du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. En sol américain pour assister à l’assemblée générale de l’ONU, Ahmadinejad a profité de cette occasion pour tenter de démystifier son image de plus en plus diabolisée. Certains hommes politiques le comparent même à Adolf Hitler.

Parmi tous les thèmes abordés par le dirigeant controversé, deux ont particulièrement attiré l’attention des médias américains, la peine de mort et l’homosexualité. Questionné au sujet de la peine de mort en Iran, Ahmadinejad s’est défendu en invoquant le fait qu’il faut sévir contre des gens qui menacent la vie d’autrui en ajoutant que la peine de mort est chose courante dans plusieurs États des États-Unis. Ce clin d’oeil aux dirigeants de certains États américains lui a valu des applaudissements de la foule. Plus tard, il s’est attiré les rires de cette même foule en indiquant que le phénomène de l’homosexualité n’existait tout simplement pas en Iran.

Ahmadinejad se veut l’expert des propos controversés. Plus tôt dans le mois de septembre, il soulignait que l’histoire de l’occident tirait à sa fin et invitait du même coup toutes les nations du monde à se lever contre l’hégémonie des États-Unis. Il ne faut donc pas se surprendre de voir les dirigeants occidentaux tenter de diaboliser Ahmadinejad ainsi que son régime. Conscient de ce phénomène, le dirigeant iranien accuse certains leaders politiques occidentaux, notamment Bernard Kouchner de faire de la propagande politique en parlant de guerre avec l’Iran.  Ce style agressif  lui attire une représentation médiatique internationale importante.

Le dirigeant iranien continue de grimper en popularité partout au Moyen-Orient. Il se fait même le porte-voix d’une certaine conception de liberté émancipatrice pour les peuples de cette partie du globe. Il est l’un des rares dirigeants politiques de ce monde qui ose condamner et blâmer les contradictions de la politique étrangère des États-Unis. Selon lui, le libéralisme et la démocratie de type occidentale n’ont pas été capables de mettre en œuvre la réalisation des idéaux de l’humanité. Il défend ainsi la thèse de l’écroulement de l’idéologie et de la pensée des systèmes démocratiques libéraux. Ces positions lui attirent de plus en plus d’appuis et de sympathies aussi bien en Orient qu’en Occident.

Le président iranien est un être extrêmement complexe et dur à saisir. D’une part, il incarne celui qui sera capable d’utiliser les relations diplomatiques pour faire entendre une autre voix et représenter d’autres intérêts que ceux des pays occidentaux sur la scène internationale, mais d’un autre côté, lorsqu’il sort du cadre international, Ahmadenijad incarne un chef d’État autoritaire, conservateur et sans souci pour les droits humains. Mahmoud Ahmadinejad, ange ou démon ?

Discordance à l’assemblée générale de l’Afesped de l’UQAM

Publié dans Éducation le septembre 21st, 2007

C’était hier, le 20 septembre 2007 qu’a eu lieu la première assemblée générale de l’automne de l’association facultaire des étudiants en science politique et de droit de l’UQAM. Deux points majeurs étaient à l’ordre du jour, la proposition du budget ainsi que le plan d’action pour l’année 2007-2008. Évidemment, plusieurs s’attendaient à ce que l’adoption du budget serait chose facile et que seulement la présentation du plan d’action allait s’attirer de la contestation de la part de certains membres de la faculté. Envers et contre tous, l’assemblée a eu affaire à quelques illuminés qui ont réussi à ralentir le processus d’adoption du budget. Pourtant, ce dernier a été adopté presque unanimement vers 14 h 10 alors que traditionnellement, l’ajournement des assemblées a lieu vers 14 h 00 afin de permettre aux étudiants de se rendre à leurs cours sans retard. Avons-nous assisté à une stratégie pour ralentir le processus menant à une proposition de grève générale illimitée?

Les plus sceptiques répondront sans doute que oui, cependant rien ne peut prouver une telle affirmation. Néanmoins, il est tout de même dommage qu’une minorité de « connaissant » paralyse toute une assemblée pour de simples bagatelles. Vers 13h28, nous avons été témoins de certaines interventions insipides. Par exemple, une intervenante a accusé l’exécutif de présenter un budget incomplet, non transparent et incompréhensible. Pourtant, la présentation de l’exécutif était plutôt claire, précise et simple à comprendre. D’ailleurs, j’invite tout le monde à aller constater par eux-mêmes : http://www.er.uqam.ca/nobel/afesped/modx/.

Résultat de ces interminables discussions frivoles, l’assemblée générale n’a pas pu aborder un thème beaucoup plus important en cette période de crise à l’UQAM, le plan d’action. Lla démocratie participative apparaît comme un concept noble. En pratique, il s’avère quelques fois comme un obstacle à la prise de décision et corollairement à l’action.

Manifestation étudiante du 19 septembre, le début ?

Publié dans Divers le septembre 19th, 2007

Le 19 septembre dernier, plus de 1000 étudiants de l’UQAM se sont donnés rendez-vous au Sqare Berry, point de départ de la première maifestation étudiante montréalaise de l’automne 2007. Objectif : mettre en garde le gouvernement comme quoi certaines associations étudiantes s’organisent en vue d’une grève générale illimitée.

À la suite de cette manifestation, une question s’impose : est-ce le premier pas dans l’engrenage qui mènera tout droit vers une grève générale illimité? À la lumière de ce que nous pouvons constater actuellement, tout indique que non. Contrairement à la situation du printemps 2005 et mise à part quelques associations étudiantes de l’UQAM, la plupart des étudiants du Québec semblent peu enclins à condamner une partie de leurs sessions pour promouvoir l’éducation.

Il faut comprendre que l’enjeu actuel s’éloigne beaucoup de celui dont il était question en 2005. À cet époque, les différentes associations étudiantes avaient réussi à mobiliser ses membres autour d’un symbole, le 103 millions. Cette stratégie avait somme toute porté fruit étant donné l’ampleur de l’appui de la population envers le mouvement étudiant. Qui ose se prononcer contre la vertu? Le mouvement étudiant avait tenu le fort pendant plus de cinq semaines pour finalement, accepter à contre coeur la proposition du gouvernement Charest.

Cet automne, tout diffère. Fortement proposée par l’ASSE, l’idée de la gratuité scolaire s’impose de plus en plus comme l’élément central des revendications du mouvement étudiant. La lutte contre la coupure dans les prêts et bourses est maintenant chose du passé et le dégel des frais de scolarité a eu peu d’effet de contestation au sein de la population. Ainsi, faire la promotion de la gratuité scolaire dans un tel contexte est extrêmement difficile. La gratuité scolaire n’est pas un symbole aussi fort et efficace par rapport à ce que pouvait l’être le 103 millions. La gratuité scolaire ne fait pas consensus au Québec, les forces idéologiques néo-libérales pèsent trop fort sur les consciences de la plupart des gens pour qu’un tel projet puisse éventuellement prendre forme. Dans le but de rallier à sa cause la totalité des étudiants du Québec et le reste de la société civile et civique, l’ASSE aurait peut-être intérêt à privilégier le thème du “réinvestissement massif en éducation” plutôt que celui de la gratuité. Ce dernier à un potentiel de loin plus rassembleur que la gratuité scolaire.

Pourquoi? Simplement parce que sa terminologie est beaucoup plus conséquente avec la société dans laquelle nous vivons .Le mot réinvestissement se rattache au domaine économique, administratif et fiscaliste et par le fait même, est un mot qui fait du sens dans la plupart des esprits. Dans le même contexte, le mot gratuité est dénoué de tous sens. De nos jours, il n’existe plus grand-chose de gratuit, tout le monde paie pour tout. Défendre l’accès universel à l’université à l’ensemble de la population est une cause perdue d’avance. Par contre, expliquer qu’un réinvestissement massif en éducation est plus que nécessaire est une chose facilement réalisable en raison de son caractère rationnel et “réaliste”. Ce terme doit être privilégié et devenir l’élément vecteur du mouvement étudiant.